Foire aux questions

1° Les principaux concepts : comment distingue-t-on épargne, thésaurisation, placement et investissement ?

Les économistes définissent l’épargne comme la partie du revenu disponible qui n’est pas consommée. Suivant cette définition, la thésaurisation est une composante de l’épargne. La thésaurisation consiste à épargner sans placer son argent, c’est-à-dire en le laissant liquide soit sous forme de billets soit sous forme de compte-chèque.

Un placement est une forme d’épargne qui a pour but de procurer un revenu à la personne qui possède cette somme et la place en épargne susceptible de porter un revenu

Un investissement est un mot plutôt réservé aux entreprises ou à l’Etat. Par abus de langage on l’utilise aussi pour certaines formes d’épargne des ménages ayant pour objet de produire dans le futur proche des revenus.

Une entreprise investit une somme d’argent dans un projet en espérant en tirer dans le futur une somme plus importante, souvent en plusieurs fois. Par exemple, une entreprise investit dans le forage d’un puit de pétrole.

On parle souvent d’investissement pour un placement en action. L’épargnant investit alors dans une entreprise qui elle-même a vocation à investir dans un projet devant lui rapporter un bénéfice supplémentaire. Pour l’épargnant-investisseur, une action doit lui rapporter dans le futur des revenu sous forme de dividende si l’entreprise réalise des bénéfices distribuables de ses actionnaires.

2° Des chiffres ! Quel est le portrait-type d’un épargnant français moyennement aisé, actif ou retraité ?

Il est bien sûr très variable en fonction des revenus. Mais il faut savoir que l’épargne totale des français est évaluée à environ 4 500 milliards d’€. C’est un montant qui attise bien des convoitises. Il est à comparer notamment à la dette de l’Etat d’environ 2 100 milliards d’euros… ou encore aux créances douteuses accumulées par les banques de la zone euro d’environ 1 000 milliards d’euros… dont un tiers pour les seules banques italiennes… Les français sont considérés comme les champions en Europe de l’épargne avec un taux d’épargne moyen de 15,5% (Le taux d’épargne est le rapport entre l’épargne des ménages et le revenu disponible, après impôts).

Le placement préféré des français est l’assurance-vie pour plus de 1 500 milliards d’euros. La loi Sapin II votée en 2016 permet aux conglomérats de banque-assurance de geler cette forme d’épargne des particuliers français en cas de besoin.

3° Ceux qui n’ont que de l’épargne de précaution – les petits épargnants en somme – sont-ils moins menacés que les autres ?

L’épargne de précaution a pour fonction de permettre à l’épargnant de faire face à une dépense imprévue ou à une baisse de revenu (chômage, maladie)

4° Les comptes courants (où se trouve parfois un peu d’épargne résiduelle) sont-ils eux aussi menacés de ponctions par les États au profit des banques sous prétexte de «crise bancaire» ?

Les comptes courants sont menacés de ponction en cas d’activation des dispositions de l’ordonnance sur l’union bancaire (ou MRU ou directive européenne BRDD pour sauver leur banque qui serait soumise à un risque d’insolvabilité. Seuls les épargnants possédant dans la même banque un montant total de comptes, de livrets, plan d’épargne, d’assurance-vie etc. de plus de 100 000€ devraient être inquiétés. La question s’est posée récemment notamment en Italie pour le sauvetage de la Banque Monte dei Paschi pour son sauvetage fin 2016 ; sauvetage non terminé. C’est ce qu’on appelle la solution du bail in ou en français renflouement interne ; par opposition au renflouement externe, bail out, par le contribuable par l’Etat interposé.

5° Depuis quelque temps, c’est le blues des épargnants : les économistes disent qu’il est impossible d’obtenir des rendements sans risque supérieurs à 3%. Voyez-vous une embellie possible ou au contraire un avenir plutôt sombre ?

Le rendement d’un placement ne s’apprécie pas correctement en valeur absolue mais d’abord en le comparant au taux d’inflation. Si un rendement est de 3% et l’inflation est de 4%, les épargnants perdent de l’argent plutôt que d’en gagner. Aujourd’hui, l’inflation en zone euro est officiellement nulle ou presque. Ce n’est pas pourtant l’avis des consommateurs quand ils passent à la caisse avec leur charriot. Les producteurs trichent parfois en augmentant pas les prix de leurs produits mais diminuant les quantités dans le paquet. Cette question porte sur l’épargne sans risque. Elle exclut donc l’épargne en action qui est considérée risquée. L’épargne sans risque est plutôt de type obligataire (obligation) ou sous forme de livret ou d’assurance vie en fond euro.

  •  Une obligation est un titre de créance émis par un Etat déficitaire comme la Grèce ou la France ou bien aussi par une entreprise qui a besoin de se financer. Cette créance prévoit le versement annuel d’un taux d’intérêt appelé parfois coupon. Le taux d’intérêt des obligations suit les fluctuations et la tendance du taux directeur (le taux auquel la BCE prête aux banques de la zone euro). Actuellement pour sauver l’euro, la BCE applique des taux historiquement bas. Ce qui fait baisser le taux des obligations. On ne prévoit pas à moyen terme d’augmentation du taux directeur de la BCE donc pas d’augmentation du rendement des obligations.
  •  Le taux des livrets (A, jeune, de développement durable etc.) dépend plutôt de celui de l’inflation et du taux du marché interbancaire. Le taux du marché interbancaire est le taux auquel les banques se prêtent de l’argent entre elles. Il dépend lui-même du taux directeur de la BCE. A court terme, il n’est pas prévu qu’il remonte.
  • Concernant le rendement de l’assurance-vie en fond euro, il faut savoir que les banques et les assurances ont l’obligation de le réinvestir en obligations supposées non risquées. Dès lors leur rendement suit celui des obligations avec un certain décalage dans le temps dû à un mécanisme de moyenne entre le rendement des anciennes obligations auxquelles elles ont souscrit il y a des années et le rendement des nouvelles qu’elles viennent de souscrire. Le rendement des nouvelles obligations dépend essentiellement du taux directeur de la banque centrale de la zone euro. Il n’est pas prévu qu’il remonte. En revanche, les épargnants en assurance-vie prennent un risque de liquidité. C’est-à-dire qu’ils ne pourraient pas disposer de leur épargne en cas d’activation de la loi Sapin 2 pendant de longs mois.

Attention, l’assurance-vie en unité de compte n’est pas considérée comme de l’épargne sans risque puisque l’épargne est réinvesti en actions (titre de propriété d’une partie d’une entreprise). Le cours de l’action dépend des bénéfices de l’entreprise qui l’a émise.

6° Dans le sillage du Brexit, le débat fait rage entre les économistes partisans du statu quo et ceux qui sont favorables à une sortie de l’UE et de l’euro ? Le statu quo est-il favorable aux épargnants, ou au contraire défavorable ? Quelle est la position de la LIDDEF ?

Une sortie de l’euro, redonnerait à la France une politique monétaire dont elle ne dispose plus aujourd’hui. Cette politique peut-être bonne ou mauvaise pour les épargnants. Il est largement possible qu’une bonne politique monétaire purement française soit meilleure pour les épargnants français car plus adaptée à leurs besoins qu’une politique monétaire européenne faite de compromis.

Angela Merkel ne se prive pas d’ailleurs de critiquer la politique monétaire de la BCE pour défendre les intérêts des épargnants allemands. Il est regrettable que nos dirigeants français s’en abstiennent. Et au contraire qu’ils fassent passer des ordonnances contraires à leurs intérêts, pour plaire à Bruxelles comme la transposition de la directive BRRD.

7° Plaçons-nous du point de vue des Britanniques : le Brexit va-t-il changer quelque chose en mal ou en bien pour les épargnants d’outre-manche ?

Les Britanniques n’étaient pas dans la zone euro avant le Brexit. Donc la politique monétaire du Royaume Uni pourra demeurer normalement exclusivement tournée vers les intérêts des citoyens britanniques.

1° L’une des questions Google les plus populaires est «meilleur placement pour...» suivi du chiffre de l’année, par exemple 2016 ou 2017. On tombe ensuite sur des sites «économiques» et, en la matière, le meilleur côtoie le pire... Des sites d’informations ou des sites de banques ou d’organismes de placement qui veulent vendre des produits. Est-ce qu’il existe vraiment, à l’heure actuelle, un placement sans risque, de type «bon père de famille» ?

Il faut admettre qu’un placement à forte rentabilité est toujours un placement risqué.

Un organisme de placement qui propose des placements très rentables et sans risque doit attirer notre méfiance.

Les placements sans risque sont souvent peu rentables. Et encore ils ne sont pratiquement jamais sans risque. On donne souvent comme exemple les obligations d’Etat, l’immobilier ou les métaux précieux. Nous allons étudier le risque de ces trois types de placement.

Les obligations d’Etat sont considérées comme moins risquées que les obligations d’entreprise.

Certes les Etat apportent des garanties de solvabilité que n’apportent pas les entreprises. Mais les Etats peuvent faire défaut sur leur dette. La Grèce et le Mexique en sont des exemples. On dit souvent que les obligations d’Etat allemande (Bund) est un placement sans risque. Et bien c’est faux. L’Etat allemand peut toujours faire défaut après notamment un bail in de ses banques.

2° Sans prétendre à l’exhaustivité, quels sont les principaux types de placement pour l’épargne ?

Compte tenu de nos explications précédentes il existe une multitude de placements pour l’épargne des particuliers. Cependant, le marché boursier étant dépendant fortement soit des taux d’intérêts soit de l’inflation il est nécessaire d’organiser les différents placements en insistant pour chacun d’eux sur leur niveau de risque pour les épargnants.

Ainsi, nous allons commencer par établir une liste des placements les moins risqués. Bien que l’évaluation des risques puisse varier selon les subjectivités, le placement le moins risqué reste le compte à terme. Il s’agit d’un compte de placement à court terme et à durée déterminée dont les intérêts ne peuvent varier.

Ensuite, le compte courant rémunéré est une création relativement récente des banques. Il s’agit d’un régime hybride avec le compte de dépôt puisqu’il peut générer à partir d’un certain montant le versement périodique d’intérêts bien que ne s’agissant pas d’un livret. Il a l’avantage de ne pas s’être tellement démocratisé puisque seulement 10% des épargnants en détienne un.

Transition toute trouvée avec les différents livrets que constituent un troisième type de placements. Le livret A est le plus connu et le livret jeune pour les plus jeunes d’entre nous. Si ce placement est relativement sûr il n’en demeure pas moins de leur rémunération pouvant être aléatoire du fait des fluctuations du taux interbancaire. Par ailleurs, dans la continuité des livrets il existe le compte sur livret. Il est moins rentable qu’un livret classique mais vos capitaux sont garantis. La souscription à un compte sur livret se fait via les courtiers en ligne.

Dans une moindre mesure il existe aussi, et si vous souhaitez participer au développement économique de votre entreprise le Plan Épargne Entreprise.  Celui-ci est indexé sur la croissance économique de l’entreprise et, en cela, il peut être un peu plus aléatoire que les précédents placements. Toutefois, vous avez la possibilité de récupérer votre argent lorsque vous faite une demande de déblocage de participation.

Néanmoins, pour les plus téméraires d’entre vous il existe des placements pouvant être certes plus rentables mais également beaucoup plus risqués. Il faut mentionner d’abord l’action non cotée. Placement très risqué dans le sens où les assureurs estiment les risques de perte sur un an à 100%. Ils insistent également sur l’importance de ne pas consacrer plus de 10% du patrimoine financier dans ce type de placement.

Par ailleurs, l’investissement dans l’immobilier est placement qui jouit d’une réputation aussi tenace que positive. Nous entendons fréquemment la citation « investir dans l’immobilier c’est la certitude de voir son capital fructifier ». Un investissement immobilier doit être préalablement motivé par des objectifs précis. En effet, ce type d’investissement peut se révéler extrêmement risqué et rendu d’autant plus difficile par les limites à l’endettement. Lorsque l’on évoque l’investissement immobilier il faut garder à l’esprit que les bénéfices se font dès l’achat dudit bien immobilier et non à la revente.  En conséquence de quoi, le placement de son capital dans un investissement immobilier peut s’avérer productif et faire fructifier votre épargne, mais ce placement nécessite aussi la prise en considération d’un ensemble de données géographiques, sociologiques et économiques.

3° Sur le cas particulier de l’or et de l’argent, les métaux précieux physiques sont-ils vraiment une «valeur refuge» ?

Alain Corbani est gérant du fond Global Gold & Precious. Il a une position assez critique sur les métaux précieux en tant que valeur refuge. En effet, l’or doit davantage être considéré comme un investissement que comme un placement dans le sens où celui-ci est extrêmement volatil. Cette volatilité est, en partie liée à l’influence de la Chine sur le marché mondial.
Par ailleurs, la valeur de l’or est fortement indexée sur l’appréciation ou la dépréciation du dollar car l’or est libellé en dollars. En somme, si effectivement les métaux précieux comme l’or ont pu connaître çà et là des périodes glorieuses, il n’en demeure pas moins que cela reste un placement/investissement risqué pour les particuliers.

4° A-t-on intérêt, à l’heure actuelle, à placer dans de l’immobilier physique ou de l’immobilier papier ?

Un investissement locatif peut entraîner tout un ensemble de dépendances économiques. Que ce soit dans la recherche de locataires, angoisses concernant le sérieux de ceux-ci ou frais importants de réparations et/ou d’entretiens. Ce type de placement immobilier est ce que l’on appelle couramment l’immobilier physique. Concrètement, il s’agit de faire fructifier son capital en investissant « dans la pierre ».

L’investissement immobilier, compte tenu des risques précédemment évoqués, peut également se faire par un investissement dans l’immobilier papier. Il s’agit cette fois d’acheter des parts des sociétés de placement immobilier pour en toucher les quotes-parts. De manière concrète il s’agit ici d’un retour sur investissement immobilier mais en limitant les risques liés aux impayés ou à l’angoisse d’une gestion bureaucratique lourde puisque ce sont les sociétés de gestion qui gèrent. L’investisseur a juste à suivre les courts et les bénéfices de son placement.

1° Comment peut-on définir l’assurance-vie ? Quel est l’historique de ce produit ? A-t-il existé un âge d’or de l’assurance-vie ?

L’assurance-vie est un placement pour l’épargne sur l’avenir. En effet, il s’agit d’investir sur le long terme. L’assurance-vie bénéficie généralement d’un régime fiscal avantageux, ce qui permet de faire fructifier son épargne de manière durable. L’avantage de ce placement c’est que la majorité de la rente est perçue par le souscripteur lui-même.

L’âge d’or de l’assurance-vie s’inscrit dans la durée. Comment l’expliquer ? S’agissant d’un placement sur le long terme et avec une fiscalité avantageuse, les épargnants se tournent pour beaucoup vers un contrat d’assurance-vie. Ainsi, l’assurance-vie représente 1600 milliards d’euros et se place ainsi comme le placement favori des Français.

2° L’assurance-vie actuelle est-elle en péril ?

Certains programmes politiques veulent harmoniser le régime fiscal de l’assurance-vie avec les autres types de placements. Concrètement, le projet d’Emmanuel Macron voulant instaurer une « flat tax » à 30% sur l’assurance-vie faire courir le risque de rendre ce type de placements beaucoup moins avantageux.

1° Que peut la Ligue de défense des épargnants français (LIDDEF) pour informer et défendre ces épargnants ?

La Ligue de Défense des épargnants français (LIDDEF) par des activités de « lobbying » auprès des décideurs politiques et financiers, peut influencer l’action publique pour défendre l’argent des épargnants.

2° De quels moyens d’action la LIDDEF dispose-t-elle ?

Ainsi, les activités de la LIDDEF se partagent en deux temps et deux principaux moyens d’action. Dans un premier temps, il peut s’agir d’information, ou plutôt de ré-information, sur ce qui se décide dans les couloirs et les antichambres du pouvoir concernant le sort des placements des français. Concrètement, cela se fait par une diffusion récurrente à l’adresse de ses adhérents (mais pas uniquement). Lesdits adhérents servent ensuite de relais dans leurs milieux respectifs (professionnels, amicaux, familiaux) afin non seulement de faire connaître la LIDDEF mais également ses activités concrètes.

3° La LIDDEF envisage-t-elle à terme de devenir un groupe de pression, un cercle de réflexion ou même un sorte de syndicat des épargnants ?

De manière concrète, l’activité de lobbying est un objectif ambitieux mais à la hauteur des enjeux pour les épargnants français. En effet, face à l’opacité parfois totale des décisions législatives sur les placements des français, il est d’une impérieuse nécessité d’avoir un syndicat de défense des intérêts de chacun.

4° En résumé : quel est l’intérêt d’adhérer et/ou de militer auprès de la LIDDEF ?

Adhérer à la LIDDEF c’est, d’une part, prendre conscience du danger et des risques qui pèsent sur les différents placements et donc sur l’épargne des français. Dangers renforcés dans un contexte d’accélération des volontés d’harmonisation et de centralisme européen.

D’autre part, c’est décider concrètement de s’engager dans une démarche d’action publique et politique en participant aux groupements d’influences pour peser sur les décisions politiques.