La Banque de France n’a pas l’intention de laisser le liquide disparaître

Pourquoi le cash a encore de beaux jours devant lui en France

La part des paiements réalisés en espèces a tendance à s’éroder en France. Le cash reste cependant très utilisé dans les points de vente et sert aussi d’épargne de précaution. Attentive à l’évolution des moyens de paiements, la Banque de France n’a en tout cas pas l’intention de laisser l’argent liquide disparaître.

Les espèces restaient ainsi le moyen de paiement le plus utilisé des Français aux points de vente, selon une étude de la BCE de 2016.

La Banque de France n’a pas attendu le mouvement de gilets jaunes pour dresser l’état des lieux de l’accès aux espèces dans l’Hexagone publié ce mardi. Dès septembre 2018, elle a décidé de se pencher sur la question. Car depuis quelques années, l’institution, garante du libre choix des citoyens en matière de moyens de paiements, constate une baisse de l’usage du cash dans les transactions en France… ce qui ne veut pas dire, loin de là, qu’il a dit son dernier mot.

Pourtant, le recul du cash ne fait pas débat : les opérations en espèces ont baissé de 2,2 % par an en moyenne depuis 2012, relève l’état des lieux. Cette érosion, qui renchérit le coût pour les banques de l’exploitation du parc de distributeurs et les force à chercher des solutions, s’explique notamment par l’engouement des Français pour la carte bancaire. Le nombre de cartes en circulation et de paiements par carte n’a de cesse d’augmenter sur fonds d’essor du commerce en ligne.

Les espèces comme épargne de précaution

Cette tendance a même toutes les chances de se poursuivre à l’heure où le paiement sans contact s’installe dans les moeurs et où le paiement sur téléphone portable – souvent basé sur des cartes bancaires – fait ses débuts dans l’Hexagone. Par ailleurs de nouveaux moyens de paiements tels que les virements instantanés sont promis selon certains à un bel avenir. Autant d’éléments qui devraient contribuer au recul des transactions en cash.

Pour autant, l’argent liquide a encore de beaux jours devant lui. « En 2018, la valeur des espèces en circulation a augmenté de 5,2 % par rapport à 2017 pour l’ensemble de la zone euro, et de 7,5 % en France », soulignait devant des sénateurs en mars dernier, Erick Lacourrège, le directeur général des services à l’économie et du réseau à la Banque de France. Autrement dit, « la détention d’espèces comme épargne de précaution tend à se développer ».

Le liquide encore très souvent utilisé dans les points de vente

Et, même si les Français sont plus adeptes que beaucoup d’Européens des moyens de paiements dits scripturaux, ils utilisent encore très fréquemment l’argent liquide dans les points de vente, notamment pour les transactions de petits montants. Les espèces restaient ainsi le moyen de paiement le plus utilisé des Français en magasin et représentaient 68 % des transactions réalisées dans ce cadre (28 % en valeur) selon une étude réalisée en 2016 par la Banque centrale européenne (BCE).

Autant d’éléments qui font dire aux autorités que la disparition du cash n’est pas pour demain. « A notre horizon de vie, les espèces continueront d’être utilisées », assurait Erick Lacourrège en mars. La Banque de France, qui va se pencher sur des scénarios d’organisation de la distribution des espèces, veille d’ailleurs au grain. « N’oublions pas que, dans les situations de crise, quelles qu’elles soient, nous devons faire face, soit à une ruée des consommateurs sur les espèces, soit à la nécessité de suppléer l’absence des autres moyens de paiement, notamment scripturaux », concluait l’expert.

SOLENN POULLENNEC

Source : Les Echos

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