Les banques centrales achètent toujours plus d’or

SOURCE : LesEchos.fr


Sur fonds de guerre commerciale, la Chine a accumulé près de 85 tonnes d’or au cours des sept derniers mois. En Europe, la Pologne a révélé qu’elle avait doublé ses réserves depuis un an. La banque centrale polonaise veut rapatrier une partie de ses lingots conservés à l’étranger.

Publié le 09/07 à 07h17

Les banques centrales n’en ont pas fini avec l’or. Après avoir amassé l’an dernier des quantités d’or sans précédent depuis les années 1960, les institutions monétaires poursuivent leurs achats. Lundi, la banque centrale chinoise a indiqué qu’elle avait acquis 10,3 tonnes d’or au mois de juin. Depuis décembre 2018, la People’s Bank of China (PBOC) a fait des emplettes tous les mois. Au total, en sept mois, elle a augmenté ses réserves de près de 84,3 tonnes, l’équivalent, au cours actuel de l’once d’or, de 3,8 milliards de dollars.

La PBOC ne donne pas d’explications à cette nouvelle accumulation d’or. « Le conflit commercial avec les Etats-Unis est vraisemblablement l’une des raisons, car il a poussé la Chine à réduire ses actifs libellés en dollar et dernièrement, ses bons du Trésor américain », explique dans une note Daniel Briesemann, analyste chez Commerzbank.

Année exceptionnelle

Avec la Russie, la Chine est l’un des pays les plus actifs pour remplir leurs coffres-forts depuis quelques années. A regarder leurs détentions, les deux nations sont d’ailleurs désormais très proches –  elles cumulent autour de 2.000 tonnes . Cela en fait les cinquième et sixième détenteurs de la planète, juste derrière la France (qui possède 2.436 tonnes) selon le classement du Conseil mondial de l’or.

Mi-2015, Pékin a surpris le marché en révélant l’ampleur de ses stocks d’or après six années de silence. Six ans au cours desquels le pays a gonflé ses réserves de près de 60 %. Depuis, celles-ci ont encore augmenté d’environ 25 %. Si Pékin et Moscou poursuivent leurs achats au même rythme, la demande d’or de l’ensemble des banques centrales pourrait atteindre 700 tonnes cette année, ont récemment estimé les analystes de Citigroup. Ce serait davantage que les 651,5 tonnes qu’elles ont engrangées en 2018 – et qui ont constitué une année exceptionnelle (+74 % sur un an).

L’or rapatrié

Avec les inquiétudes sur le ralentissement de la croissance économique mondiale et la montée des tensions géopolitiques et commerciales, la volonté des institutions monétaires de moins dépendre du dollar a redonné à l’or son statut de valeur refuge. Et fait grimper les prix. Actuellement, l’once tutoie ses  plus hauts niveaux depuis six ans .

En Europe aussi certaines banques centrales affichent leur soif de l’or. La semaine passée, la Pologne a annoncé que ses réserves avaient quasiment doublé en un an. La Banque nationale de Pologne a acheté 125,7 tonnes entre 2018 et 2019, pour accroître ses réserves à 228,6 tonnes. C’est désormais le premier pays détenteur d’or d’Europe de l’est. Elle dit avoir profité « de [sa] situation économique exceptionnellement bonne » et d’une « forte hausse des réserves de change ».

La Narodowy Bank Polski avait  commencé par quelques tonnes à l’été 2018 : c’était une première en vingt ans pour le pays. Elle avait été suivie peu après par la Hongrie, qui a décuplé ses réserves alors que le pays n’avait pas bougé depuis plus de trente ans.

À noter

Comme l’ont fait avant elle l’Allemagne ou les Pays-Bas, la Pologne a fait savoir qu’elle allait rapatrier la moitié de son or, conservé aujourd’hui en majorité par la Banque d’Angleterre, à Londres.

Muryel Jacque

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