Crise de la dette française et la pirouette Bayrou.
Notre pays est en danger immédiat sur l’épargne des Français à cause de notre surendettement chronique.
4 septembre 2025, par Bernard Monot Vice –Président du Cercle National des Economistes
Selon une vision stratégique à long terme du Cercle National des Economistes, la rentrée politique en France menace d’être fracassante !
Vous l’avez compris, la décision de François Bayrou de demander la confiance en session extraordinaire à l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain s’inscrit dans un agenda politico-économique plus large, qui risque d’être fatal pour l’exécutif (Bayrou et Macron).
Est-ce subi ou voulu ?
En choisissant de demander un vote de confiance conformément à l’article 49.1 de la Constitution François Bayrou est objectivement plus en situation de danger qu’avec une motion de censure suite à l’utilisation d’un 49.3 qui se passerait mal. La faute au mode de scrutin car il y a une grande différence dans les calculs des votes entre le 49.1 et le 49.3.
Dans le 49.3 il faut une majorité absolue par rapport au nombre total de députés élus soit 289 pour voter la censure.
Dans le 49.1 c’est la majorité relative des présents ce jour-là dans l’hémicycle. Dans tous les cas le 8 septembre, le gouvernement Bayrou devrait tomber. Stratégie politique apparemment suicidaire mais peut-être que cet harakiri est voulu avant les échéances cruciales des notations financières, afin de se défausser de la responsabilité de l’effondrement financier.
Rappel du calendrier des notations financières de la France :
-
-
Agences
Notation actuelle
Perspectives
Prochaine date
de décision
AA-
Négative
12 septembre 2025
Aa3
Stable
24 octobre 2025
AA-
Négative
28 novembre 2025
-
La question donc est pourquoi cette tactique choisie par Bayrou n’est pas contestée par Emmanuel Macron ? N’est-ce pas une manœuvre concertée de diversion politique notamment pour enjamber la grogne sociale du 10 septembre ? L’analyse de fond la plus probable est que le pays ne peut pas s’offrir le luxe ni offrir le prétexte sur un plateau aux agences de notation financière d’un débat budgétaire délirant comme celui de l’année dernière qui a duré 3 mois avec Barnier pour se terminer par un 49.3 et l’absence de budget pour le pays.
Pendant les discussions budgétaires la France était à l’arrêt et c’était le concours Lépine de l’impôt le plus crétin, LFI étant largement en tête dans le délire fiscal, suivi de très près par les socialistes qui voyaient dans chaque hausse d’impôt imaginable une nouvelle avancée pour la justice sociale. Résultat ? Inquiétude de toutes les forces vives économiques de ce pays qui ont cessé d’investir, de créer, de lancer des nouveaux projets etc… L’économie n’aime pas l’incertitude. Logique.
Alors pour Bayrou et Macron, mieux vaut prendre un raccourci. Soit collectivement on se met d’accord pour affronter la montagne budgétaire 2026 par des réductions de 44 Mds € de dépenses publiques, soit, ce n’est pas la peine d’entamer le débat et mieux vaut retourner aux urnes, avec une nouvelle dissolution et de nouvelles élections. Cela permettra de demander un délai supplémentaire aux bourreaux (agences de notation financière et créanciers de la France), afin de repousser une probable dégradation de notre note financière au 4ème trimestre 2025 ou 2026, en justifiant ce report en expliquant qu’il faut attendre le résultat des urnes.
Y aura-t-il le « Syndrome Front Populaire » comme en 1940 ? Alors logiquement, si nous retournons aux urnes suite à la censure de gouvernement Bayrou le 8 septembre et dans le cas d’une dissolution de l’Assemblée Nationale, il y aura 2 possibilités : – Soit le système médiatique et politique pousse au barrage de Macron et les élections accoucheront sans doute d’une Assemblée aussi ingouvernable que la sortante, – soit, le RN ( le « lampiste utile » ) est fortement médiatisé pour qu’il obtienne une majorité à l’Assemblée Nationale, avec la responsabilité de faire le sale boulot (« Syndrome Front Populaire» qui a fait voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en 1940 ), ce qui est une hypothèse parfaitement plausible.
Dans un tel scénario, le « système financier occidental » pourrait tout tenter pour faire échouer le gouvernement RN ( idem Liz Truss au RU en 2022) quelles qu’en soient les conséquences économiques et sociales pour le pays, afin de le disqualifier et d’évincer définitivement du pouvoir ce parti, qui porterait la culpabilité de l’insolvabilité de l’Etat, le jour de la faillite/ banqueroute de la France (Cf. la banqueroute des 2/3 par le Directoire en 1797).
Sommes-nous dans une stratégie organisée de « l’Ordo Ab Chao » ?
Dans une telle crise de la dette de la France et donc celle de la Zone Euro, cette fin d’année 2025, risque d’être porteuse de tous les dangers pour l’ensemble des Français qui seront alors appelés comme « caution financière solidaire » de l’Etat, à savoir payeur en dernier ressort, à la demande de la Commission Européenne de la Présidente Ursula Von Der Leyen, pour renflouer les déficits chroniques cumulés de tous les Présidents de la République depuis 50 ans, coupables. L’arsenal légal de la troïka (UE, BCE, FMI) étant prêt depuis 2015 pour saisir, comme à Chypre, les dépôts bancaires (l’Union bancaire Européenne) ou nantir l’épargne privée des français (la loi Sapin 2 pour l’assurance vie, PER…) qui n’attend plus que ce prétexte d’un chaos économique et budgétaire ou d’un choc systémique, pour justifier enfin d’un contrôle social total des libertés des citoyens par la mise en place d’un agenda caché de la « servitude pour dette », avec des mesures de répressions financières (Crédit social, Euro numérique le « Cash + » de la BCE, l’IA..), le tout avec un discours de solidarité et de repentance. Le rêve pour les fonds de pension américains Blackrock, Vanguard, Blackstone, ..

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