Carte bancaire bloquée. L’essence a-t-elle pompé son compte ?

La Liddef alerte sur les inconvénients de la disparition progressive des stations services à paiement impossible en liquide.


Article de Actu.fr Bretagne


La dame voulait prendre de l’essence à la station d’une grande surface de la région dinannaise. Prudent, son compagnon, qui ne roule pas sur l’or, avait vérifié les comptes. Il y avait encore 150 euros de découvert autorisé, assure-t-il. Mais une fois le code tapé sur l’automate, sa carte bancaire est refusée. La cliente se sert donc à une pompe voisine, sans automate. 30 euros de carburant dans le réservoir et hop, passage à la caisse… où elle se voit refuser sa carte pour crédit insuffisant. « J’ai alors voulu prendre du liquide au distributeur automatique de billets voisin, en vain », raconte-t-elle.

Scandaleux ?

Situation gênante. La caissière appelle un vigile qui la conduit à la caisse centrale de la grande surface. Elle doit payer ! La cliente propose d’aller chercher un carnet de chèques à son appartement et laisse une pièce d’identité en garantie. Ses deux enfants de 15 et 13 ans, restent l’attendre à l’accueil. Mais de retour à la grande surface, ce sont des espèces qui sont désormais exigées et non plus un chèque. Voilà cette dame contrainte de repartir chercher du liquide.

A sa banque, même scénario : elle ne peut rien prélever sur son compte courant puisqu’il est désormais bloqué. Les guichetières ne peuvent rien pour elle. Elle récupère 15 malheureux euros de son compte épargne et c’est finalement sa fille de 13 ans qui lui verse le complément pour s’acquitter de sa dette à la station service.  Pour son compagnon, cette façon de faire est scandaleuse. « Ma famille a ainsi perdu deux heures. Je suis client, la grande surface aurait pu faire confiance à ma compagne et attendre le lendemain pour qu’elle s’acquitte de sa dette.»

Il a donc obtenu un rendez-vous avec le directeur de la grande surface estimant qu’on lui devait réparation et explication. Pourquoi si finalement son compte n’était pas approvisionné ? Parce que les automates de station service prélèvent automatiquement une ‘provision’ (un décompte préfèrent dire les banques) sur votre compte avant que vous ne vous serviez en essence. Une somme virtuelle qui oscille entre 90 et 130€. Si le terminal bancaire répond que le compte n’est pas suffisamment provisionné, la demande est rejetée. L’origine du blocage viendrait de là…

Ce dispositif a été instauré par les banques il y a quelques années pour éviter les abus, à la demande des fournisseurs de carburant. C’est ce qu’a expliqué le directeur de la Grande Surface au client mécontent. C’est qu’a également confirmé la banque que nous avons interrogée. Même si, nous assure-t-elle, dès lors que la demande de l’automate est rejetée, il est impossible que la somme de 130€ soit prélevée. « La carte est rendue au client, c’est tout. » La grande surface, qui s’est renseignée auprès de deux autres banques à la suite de nos demandes, s’est vu répondre la même chose. *

Pourtant, le client persiste : « J’ai vérifié mes comptes, mais je n’avais pas d’autres opérations en cours qui aurait pu invalider ma carte. » Bien compliqué tout cela.

Mystère

Une chose est sûre, ces prélèvements, bien que virtuels peuvent être pénalisants, pour des personnes peu argentées : la somme ‘gelée’ par l’automate – amputée du montant de la consommation réelle d’essence – ne leur est restituée parfois qu’au bout de plusieurs jours. Il arrive donc que le compte ne soit plus suffisamment provisionné pour effectuer d’autres achats le lendemain. Il suffit d’aller voir les forums sur Internet pour réaliser l’ampleur des dégâts.

Autre motif de mécontentement pour le compagnon de la cliente : le fait qu’on ait refusé son chèque lorsqu’elle est revenue à la caisse. Le directeur répond que sa grande surface est équipée d’un dispositif permettant de vérifier la validité des chèques et qu’il y a sans doute eu problème de ce côté là… Alors, le compte était-il vide ou y-a-t-il eu problème informatique ? Le mystère demeure.

Quoi qu’il en soit, le client a voulu recevoir réparation au titre du « temps perdu et de la tourmente psychologique engendrée ». Au grand étonnement du directeur : « Je veux bien indemniser quelqu’un quand nous sommes en tort mais là, ce n’est pas le cas. Nous appliquons des procédures. Quand j’ai reçu ce monsieur, j’ai appelé sa banque pour lui donner les explications nécessaires. » La grande surface a cependant offert un bouquet à la dame, face à l’insistance du monsieur… toujours mécontent car, dit-il, « les fleurs n’avaient pas d’odeur ». Comme l’argent.

Pierre-Yves GAUDARD

Photo d’illustration.

 

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