En mars, les sommes placées par les Français sur ce produit d’épargne ont baissé de 2,2 milliards d’euros en net. Ce mouvement pourrait s’expliquer par la difficulté à commercialiser de l’assurance-vie en ces temps de confinement. Les épargnants ont aussi pu être échaudés par la tempête subie par les marchés en début d’année.·
Aux dires de la FFA, la décollecte enregistrée sur l’assurance-vie en mars est directement liée à la baisse de l’activité commerciale en ces temps de confinement (iStock)
Le choc est rude pour l’assurance-vie. En mars, les sommes placées par les Français sur ce produit d’épargne ont baissé de 2,2 milliards d’euros en net, selon les estimations publiées mercredi par la Fédération Française de l’Assurance (FFA). Il faut remonter à la fin de l’année 2011 pour retrouver un tel niveau de décollecte sur ce marché pesant quelque 1.740 milliards d’euros .
« Il n’y a pas eu un mouvement de panique sur l’assurance-vie », note cependant Philippe Crevel, le directeur du think tank Le Cercle de l’Epargne. Autrement dit, les Français ne se sont pas empressés de récupérer leurs économies en ces temps de crise. La preuve : les sommes versées par les assureurs-vie à leurs clients en mars (11,2 milliards d’euros) n’ont pas été beaucoup plus élevées qu’en temps normal.
Baisse de l’activité commerciale
Si la collecte nette a plongé dans le rouge, c’est d’abord parce que les épargnants ont déposé relativement peu d’argent sur ce placement le mois dernier (9 milliards d’euros).
« La décollecte est liée directement à la baisse de l’activité commerciale », assure un porte-parole de la FFA. Confinement oblige, des agences de bancassureurs sont fermées alors que les agents généraux, courtiers et conseillers en gestion de patrimoine sont contraints de travailler à distance. De quoi compliquer la vente d’assurance-vie.
« Les Français n’ont pas la tête à acheter des contrats d’assurance », avançait par ailleurs récemment un assureur. Il faut dire que leur quotidien est chamboulé par le confinement et n’est pas vraiment propice à une réflexion sur leur patrimoine. Certes, la crise peut inciter à l’épargne de précaution, comme semble le montrer la bonne collecte du livret A. Elle n’est cependant pas forcément favorable à un produit d’épargne, beaucoup moins liquide, tel que l’assurance-vie.
Tempête sur les marchés
Il n’empêche, le confinement n’a commencé qu’au milieu du mois dernier. La baisse des cotisations enregistrée en mars pourrait donc avoir une autre explication. « La collecte a chuté parce qu’un grand nombre d’épargnants ont été refroidis par les secousses du début d’année sur les marchés, avance Cyrille Chartier-Kastler, président fondateur du cabinet de conseil Facts & Figures. Les épargnants se voyant contraints par leurs assureurs de prendre des unités de compte ont préféré aller sur de l’épargne réglementée bancaire ».
En effet, face à la baisse des taux qui complique leur équation financière, les assureurs n’ont eu de cesse ces derniers mois d’orienter les épargnants vers des contrats en unités de compte (UC). Notamment investis en actions, ceux-ci sont potentiellement plus rémunérateurs mais aussi plus risqués. En mars, les UC ont continué d’attirer des clients pour représenter un peu plus de 35 % des cotisations. Elles ont toutefois rencontré moins de succès le mois dernier qu’avant le krach, où elles avaient représenté 39 % des versements.
Source : Les Echos

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