Du choc Nixon à la riposte iranienne sur Ormuz : la guerre contre le dollar est désormais ouverte.

 

En août 1971, Richard Nixon met fin à la convertibilité du dollar en or, enterrant les Accords de Bretton Woods. Ce choix fonde un nouvel ordre : un dollar désormais sans ancrage matériel, mais soutenu par la puissance américaine. Dans son prolongement, les Accords du Quincy avec Arabie saoudite consolident un système clé : le pétrole mondial sera majoritairement échangé en dollars.

Ce « pétrodollar » devient alors le « privilège exorbitant » de la domination américaine. Mais depuis plusieurs décennies, certains États contestataires semblent s’attaquer à ce cœur stratégique — souvent au prix d’affrontements directs avec les États-Unis.


Irak, Libye, Venezuela : des précédents troublants

Le cas de l’Irak constitue l’un des exemples les plus souvent cités. En novembre 2000, le régime de Saddam Hussein annonce officiellement que le pétrole irakien sera désormais vendu en euros. Moins de trois ans plus tard, en mars 2003, les États-Unis et leurs alliés lancent l’invasion de l’Irak de 2003.

En Libye, Mouammar Kadhafi défend, entre 2009 et 2011, un projet de monnaie panafricaine adossée à l’or. En mars 2011, une coalition internationale intervient dans le cadre de l’intervention militaire en Libye de 2011.

Le Venezuela, quant à lui, amorce une rupture progressive. En 2017, sous Nicolás Maduro, Caracas annonce vouloir vendre son pétrole en euros, yuan et autres devises. Les États-Unis répliquent par un durcissement des sanctions, notamment en août 2017, puis un embargo pétrolier en janvier 2019.

Mais un tournant inédit est franchi avec l’intervention directe américaine. Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, lors d’une opération militaire baptisée Operation Absolute Resolve, les forces spéciales américaines — notamment la Delta Force — capturent Nicolás Maduro à Caracas et l’exfiltrent vers les États-Unis . L’annonce officielle est faite le 3 janvier 2026, confirmant la détention du chef d’État vénézuélien .

Cette opération, menée sans déclaration de guerre formelle, constitue une escalade majeure : pour la première fois depuis des décennies, un dirigeant en exercice est capturé directement par une intervention militaire américaine ciblée.


Une constante géopolitique : contester le dollar, s’exposer

Ces trois cas présentent des différences majeures, mais une constante interpelle : chacun de ces États producteurs de pétrole a, à un moment donné, cherché à remettre en cause la domination du dollar dans le commerce pétrolier.

La chronologie devient particulièrement frappante :

  • 2000 → 2003 : passage à l’euro en Irak puis invasion

  • 2009–2011 → 2011 : projet de dinar or puis intervention en Libye

  • 2017 → 2019 → 2026 : diversification monétaire au Venezuela, sanctions, puis capture du chef d’État

L’enchaînement de ces événements nourrit une grille de lecture géopolitique dans laquelle la défense du dollar apparaît comme un enjeu stratégique majeur.


L’Iran : une stratégie assumée contre le cœur du système

C’est dans ce contexte que la Iran apparaît aujourd’hui comme l’acteur le plus offensif.

Depuis plusieurs années, Téhéran cherche à contourner le dollar, notamment via des échanges en yuan avec la Chine. Mais la récente annonce — selon laquelle le passage dans le détroit d’Ormuz pourrait être conditionné à des transactions libellées en yuan — marque une rupture d’échelle.

Si elle se confirme, cette décision ne serait plus seulement défensive, mais offensive : elle viserait directement à réduire l’usage du dollar dans l’un des points névralgiques du commerce énergétique mondial.

Contrairement à l’Irak, à la Libye ou au Venezuela, l’Iran semble tirer les leçons du passé :

  • agir dans un cadre multipolaire (notamment avec la Chine)

  • utiliser un levier géographique stratégique

  • frapper directement le mécanisme du pétrodollar


Vers une fragmentation monétaire du monde ?

L’initiative iranienne s’inscrit dans une dynamique globale de remise en cause du dollar. Mais l’histoire récente invite à la prudence : de Bagdad à Caracas, les contestations monétaires se sont toujours accompagnées de réponses violentes militaires directes. Que décidera la France et l’UE face au désaroi monétaire de leur puissance tutellaire ? Privilégier l’économie nationale en important le pétrole du Golfe en yuan au risque de déplaire à nos amis américains ? Ou faire bloc derrière le suzerain au pieds d’argile ainsi fragilisé ?

La capture de Nicolás Maduro en janvier 2026 marque à cet égard un précédent particulièrement significatif : elle illustre une évolution des modes d’action américains, désormais capables de cibler directement les dirigeants eux-mêmes.

L’Iran agressé par nos amis américains sait désormais qu’il n’a plus rien à perdre en s’en prenant au talon d’Achille de son ennemi de plus de 40 ans

Car si le dollar reste dominant, il est désormais contesté là où il est le plus vital : le pétrole. Et dans cette guerre désormais ouverte et peut-être décisive, la monnaie est plus que jamais une arme.

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