Escroquerie bancaire: 1,2 million de ménages touchés en 2016

Selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, le nombre de ménages touchés a doublé en 6 ans. Le montant moyen des escroqueries s’élève à 300 euros en moyenne.


Article original : LEFIGARO.fr

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/05/16/20002-20180516ARTFIG00043-escroquerie-bancaire-le-nombre-de-victimes-a-double-en-6-ans.php


Selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, le nombre de ménages touchés a doublé en 6 ans. Le montant moyen des escroqueries s’élève à 300 euros en moyenne.

Plus de 1,2 million de ménages se sont déclarés victimes d’au moins une escroquerie bancaire en 2016, un nombre qui a plus que doublé en six ans, avec un préjudice souvent inférieur à 300 euros, selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiée, ce mercredi.

Le nombre de ménages victimes de débits frauduleux sur leur compte bancaire «a plus que doublé en l’espace de six ans», révèle l’étude. En 2010, «seuls» 500.000 ménages déclaraient avoir subi au moins une escroquerie sur leur compte bancaire.

Ménages ayant déclaré avoir subi au moins une escroquerie bancaire sur un an.

Parmi ces victimes, ils sont un peu moins d’un tiers à avoir subi plusieurs débits frauduleux (32%).

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En 2016, «64% des ménages victimes ont déclaré un préjudice d’un montant inférieur ou égal à 300 euros», soit un point de plus qu’en 2015 (63%) et trois de plus qu’en 2014 (61%). Quant aux escroqueries supérieures à 1000 euros, elles représentent une part bien moins importante (13% des ménages victimes en 2016 contre 14% en 2014)».

Effectifs estimés de victimes selon le montant du préjudice.

Près des deux tiers des victimes ignorent totalement le mode opératoire employé par l’auteur de l’infraction.

La part des ménages ayant été alertés de la fraude bancaire par leurs banques diminue au fil du temps

Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales

Plusieurs facteurs expliquent cette flambée des escroqueries. «Tout d’abord de plus en plus de citoyens utilisent leur carte bancaire pour effectuer des achats en ligne», souligne Christophe Soullez, directeur de l’ONDRP. Ce qui augmente donc le nombre de cibles potentielles. «Il y a par ailleurs un transfert de la criminalité vers ce type de criminalités jugées moins dangereuses que le trafic de stupéfiants ou des braquages, poursuit Christophe Soullez. Derrière son écran, le malfaiteur se sent moins vulnérable». Dernier élément, en dépit des multiples campagnes de sensibilité, il existe encore une certaine forme de naïveté et un manque de vigilance des détenteurs de cartes bleues lors des achats en ligne ou lors d’achats dans des magasins ou des restaurants, en France comme à l’étranger, rendant les proies plus faciles.

Près de 70% des ménages (834.000) ont déclaré s’être aperçus de la fraude en consultant leur relevé bancaire, contre 63% en 2015 et 61% en 2014. En revanche, l’ONDRP relève que la part des ménages ayant été alertés par leurs banques diminue au fil du temps (29% en 2014 contre 22% en 2016).

La carte, moyen d’escroquerie le plus utilisé

«Le débit frauduleux a servi à réaliser des achats pour près de 68% des ménages victimes en 2016», relève l’ONDRP. Pour plus d’un ménage sur deux, l’achat a été effectué en ligne (58% en 2016 contre 51% en 2014) tandis que 10% ont eu lieu dans un commerce traditionnel. La part des achats en ligne frauduleux faits depuis l’étranger augmente passant de 16% en 2014 à 24% en 2016. En revanche, les escroqueries consécutives à un retrait effectué à partir d’un distributeur piraté sont de moins en moins nombreuses. Elles ne représentent plus que 7% des ménages victimes de fraude en 2016 alors qu’en 2014 leur part était de 13% et en 2015 de 9%.

» LIRE AUSSI – La fraude aux moyens de paiements a coûté 800 millions d’euros en 2016

En 2016, un rapport de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement dévoile que la fraude sur l’ensemble des moyens de paiements (carte bancaire, chèque, virement, prélèvement…) émis en France, a coûté 800 millions d’euros en 2016. Au total 4,8 millions de transactions ont été concernées. C’est la carte qui représente le moyen d’escroquerie le plus utilisé (la moitié du montant des opérations frauduleuses) puis le chèque en deuxième position. Le montant de la fraude à la carte a toutefois baissé l’an dernier par rapport à 2015. Il s’élevait à 399 millions contre 416 millions en 2015.


Pour compléter cet article, la LIDDEF renvoie également à cet entrefilet de FranceInfo

Fraude à la carte bancaire : il suffit de six secondes pour pirater une Visa, selon des chercheurs

https://www.francetvinfo.fr/economie/fraude/fraude-a-la-carte-bancaire-il-suffit-de-six-secondes-pour-pirater-une-visa-selon-des-chercheurs_1957831.html


 

L’étude a de quoi faire frémir n’importe quel détenteur de carte bancaire. Quatre chercheurs de l’université de Newcastle (Royaume-Uni) ont publié, jeudi 1er décembre, les conclusions de leurs travaux sur la sécurité des cartes Visa. Et, d’après leurs résultats, celle-ci n’est pas très efficace puisqu’il faut, selon eux, seulement six secondes pour pirater à distance une de ces cartes.

Les chercheurs affirment que le procédé est « terriblement facile » et nécessite seulement un ordinateur et une connexion internet. La méthode utilisée est appelée « Distributed Guessing Attack », une « attaque décentralisée et par élimination ». En quelques secondes, les pirates vont en effet obtenir la date d’expiration et le code CVV – le cryptogramme visuel situé au dos de toute carte bancaire.

Un procédé par élimination

Il leur suffit d’abord d’avoir le numéro de la carte bancaire. Pas si compliqué quand on sait que ce type d’informations fait régulièrement l’objet de fuites sur internet. Ensuite, pour la date de validité, ils vont interroger les systèmes de paiement de différents revendeurs en ligne et rentrer plusieurs dates jusqu’à tomber sur la bonne, détaille Nextinpact. D’après l’étude, en moins de 60 essais, on peut décrocher la bonne combinaison. Le procédé est le même pour le cryptogramme : il faut moins de 1 000 tentatives pour l’obtenir.

Mohammed Ali, l’un des auteurs de l’étude, pointe « deux faiblesses »« Premièrement, le système de paiement en ligne ne détecte pas les multiples tentatives erronées qui viennent de plusieurs sites internet, explique-t-il au journal The Independent (en anglais). Deuxièmement, des sites demandent des variations différentes des données de la carte de paiement pour valider un achat en ligne. Cela veut dire qu’il est assez facile de rassembler les informations et de les remettre dans l’ordre comme un puzzle. » 

Visa se veut rassurant

La société Visa n’a eu d’autre choix que de réagir à ces révélations. Dans un communiqué cité par The Independent, l’entreprise assure que les chercheurs n’ont « pas pris en compte les multiples niveaux de protection existant contre la fraude ». La marque assure « travailler en étroite relation avec les émetteurs de carte et les distributeurs pour rendre très difficile l’obtention et l’utilisation illégale des données des cartes bancaires ». 

Elle rappelle encore aux « consommateurs » que « la chose la plus importante à se souvenir si le numéro de leur carte bancaire est utilisé frauduleusement est qu’ils sont exemptés de toute responsabilité ». Au passage, l’entreprise en profite enfin pour vanter son système « Verified by Visa » : une façon d’obtenir une sécurité supplémentaire lors de ses achats en ligne.

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