Les Français ne veulent pas se faire espionner par les banques.

Dans un univers où les libertés individuelles sont menacées tous les jours par les GAFA et autres sites ou Etats espions comme les Etats-Unis et la Chine qui note désormais ces citoyens, l’abandon du cash au seul profit de la seule monnaie scripturale, monopole de fait du système bancaire, nous ouvre la voie à un univers totalitaire. Les français ont bien raison de s’en méfier comme le révèle le sondage suivant publié par Les Echos ci dessous :

 

Données personnelles : cette décision qui inquiète les banques européennes
Alertés par l’autorité de protection des données néerlandaise, ING et ABN AMRO ont gelé leurs projets de marketing ciblé. La fédération bancaire européenne met en garde contre une interprétation trop rigoureuse du règlement européen sur la protection des données personnelles dans la banque.

Alertés par l’autorité de protection des données néerlandaise, ING et ABN AMRO ont gelé leurs projets de marketing ciblé sur les données de paiement de leurs clients.

La mésaventure que viennent de vivre ING et ABN AMRO en matière d’utilisation des données de paiement pourrait faire date en Europe alors que les banques se cherchent encore dans ce domaine. Dans une lettre formelle adressée à la fédération des banques néerlandaise début juillet, l’autorité en charge de la protection des données aux Pays-Bas a mis en cause les pratiques les champions bancaires nationaux. En ligne de mire : les projets d’ING d’utiliser les données de paiement de ses clients pour personnaliser ses propositions commerciales sur ses propres produits. « Par exemple, il s’agit de signaler à nos clients qu’ils peuvent faire des remboursements de crédit anticipés lorsque cela leur est possible », explique ABM AMRO qui pratique le même ciblage que son concurrent.

Le superviseur néerlandais ne leur adresse pas d’interdiction formelle mais alerte sur la possible non-conformité de ces pratiques au regard du règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD). De quoi les convaincre de geler leurs projets. « ABN AMRO a suspendu l’usage des données de paiement avant une réunion avec l’autorité de protection des données », indique la banque dans un communiqué publié début juillet.

Une interprétation du RGPD qui interroge
Au sein des banques européennes l’événement n’est pas passé inaperçu. « Cette décision dont nous ne connaissons pas tous les details a suscité beaucoup de questions. Elle semble induire une interprétation stricte du RGPD et pose la question du traitement équitable des banques en matière de protection des données, estime Sebastien de Brouwer, qui dirige les affaires publiques de la Fédération bancaire européenne.

« On doit pouvoir garantir un terrain de jeu équitable en matière de protection des données en Europe. Les géants de la Tech utilisent les données des consommateurs ou les commercialisent alors que les banques sont bien plus prudentes dans ce domaine ». Mobilisée sur le sujet, la Fédération tente de faire la lumière sur la position des différentes autorités de protection des données européennes dans un tel cas de figure.

En France des signaux positifs ont été envoyés : « il y a eu des échanges entre les banques françaises et la CNIL qui ont rassuré la place sur la position moins conservatrice que l’autorité française », détaille une autre source.

Les banques redoublent de prudence

Les banques n’ont pas de statut spécifique au sein du RGPD. Comme toutes entreprises, elles doivent disposer du consentement explicite de leur client lors de l’utilisation de leurs données personnelles. Et si elles souhaitent utiliser ces données à une autre fin que celles définies au départ, l’objectif doit être « compatible avec la finalité initiale ». Une banque qui fournit un compte à son client peut ainsi utiliser ses données « pour lui fournir un meilleur plan d’épargne » mais pas pour lui fournir « une offre d’une compagnie d’assurances », détaille notamment la Commission européenne sur son site Internet.

Mais si les règles ont l’air claires, elles sont en réalité peu éprouvées à ce jour. Les établissements redoublent donc de prudence dans la manipulation des données clients. D’autant qu’ils jouent leur crédibilité face aux GAFA. « Aujourd’hui les banques françaises n’utilisent pas les données de paiement pour faire des propositions commerciales. Elles cherchent encore leur voie pour se transformer en coach financier tout en conservant leur rôle de tiers de confiance », confirme Thierry Mennesson, associé chez Oliver Wyman.

Sharon Wajsbrot

Source : Les Echos

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