R.I.P. L’ASSURANCE-VIE, LONGUE VIE À L’OR

Le dirigeant de l’un des principaux acteurs du marché annonce la fin de l’assurance-vie telle qu’on la connait depuis des années. Le placement préféré des Français avec 1700 milliards d’euros, soit 40% de l’épargne totale, voit ses rendements tendre vers zéro : 1,8% en moyenne cette année et une baisse programmée pour les années qui viennent, contre 4% 2008, mais cela semble déjà de la préhistoire. Désormais, la garantie en capital elle-même est remise en cause.

Le PDG de Generali France, Jean-Laurent Granier, puisqu’il s’agit de lui, l’affirme : « On est entré en terrain inconnu et on se prépare à ce que cela dure. Le modèle de la sécurité absolue, de la liquidité permanente, de la garantie totale et à tout instant du capital, qui est finalement une réplication du modèle du Livret A, est à bout de souffle. Le monde du fonds euros roi est terminé ! » (Les Echos du 24/9). Il poursuit : « Generali France avait servi l’année dernière en moyenne entre 1,80% et 1,90% sur ses contrats, dans la moyenne du marché. Nous ne voulons pas donner l’illusion qu’il serait encore possible de servir un rendement à 1,50 % pour un contrat en fonds euros alors que le taux sans risque est négatif. »

Le Crédit Agricole passe directement aux actes en incitant ses clients à prendre au moins 30% d’ »UC », des unités de comptes (des actions ou des obligations d’entreprises) qui, elles, ne bénéficient pas de la garantie de capital. De plus, la banque va désormais facturer des droits d’entrée de 2% pour les contrats fonds en euros… Il faudra donc plus d’un an pour les rembourser. L’assurance-vie-de-papa, c’est terminé.

« Du balai ! » semble dire les assureurs, mais il faut immédiatement se poser une question : et s’ils réussissaient trop bien ? Si les Français se mettaient à vider leurs plans d’assurance-vie, ou simplement à ne plus y entrer, nous assisterions à une décollecte massive qui mettrait en grande difficulté les compagnies, obligées de vendre toutes en même temps leurs obligations. C’est à ce moment-là que le piège se refermerait. En effet, l’État a tout prévu puisque les contrats d’assurance-vie peuvent être légalement bloqués en vertu de la loi Sapin 2 votée en 2016. En cas de crise financière touchant le secteur de l’assurance, cette loi permet de « limiter temporairement l’exercice de certaines opérations ou activités, y compris l’acceptation de primes ou versements » ainsi que de « suspendre ou restreindre temporairement la libre disposition de tout ou partie des actifs. »

Alors que faire ? Mettre une forte proportion « d’unités de comptes », c’est-à-dire d’actions ou d’obligations d’entreprises, dans son assurance-vie ? Entrer sur ce compartiment, alors que les marchés actions sont au plus haut dans le monde, s’avère pourtant extrêmement risqué, d’autant que les anticipations de crise ont rarement été aussi élevées.

Il existe une autre solution qui combine la sécurité à long-terme de l’assurance-vie avec la possibilité de réaliser une belle plus-value en cas de crise financière, ou même de simple continuation de la politique de planche à billets des banques centrales : l’or physique, bien sûr. Les épargnants feraient bien de prendre ce placement en considération. Voici le basculement qu’il faut opérer, car ce n’est pas seulement l’assurance-vie qui pose problème, mais toute la finance qui va mal à cause des taux négatifs, et la meilleure façon d’en sortir est l’or physique.

Source : or.fr

 

Auteur : Philippe Herlin

Chercheur en finance et docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Adepte des penseurs du risque extrême comme Benoît Mandelbrot et Nassim Taleb, ainsi que de l’école autrichienne, il apporte son regard sur la crise actuelle, celle de la zone euro, des dettes publiques, du système bancaire. Auteur d’un livre de référence sur l’or (L’or un placement d’avenir, Eyrolles), il souhaite lui voir jouer un rôle croissant dans nos économies, jusqu’à sa remonétisation pleine et entière.

 

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