Assurance-vie : le programme d’Emmanuel Macron inquiète fortement les épargnants français

Extrait :

A l’avenir, le paysage pourrait encore évoluer si Emmanuel Macron accède à l’Elysée. Sa proposition d’imposer à 30 % les contribuables ayant plus de 150.000 euros sur leurs contrats d’assurance-vie pourrait inciter certains à se détourner de ce placement, même si le candidat a précisé que cette disposition ne serait pas rétroactive.


Un article récent de nos confrères Les Echos.fr s’inquiète des projets Macron sur la taxation à 30 % de l’assurance-vie

La collecte d’assurance-vie au point mort au mois de mars

La collecte nette de l’assurance-vie a été de… zéro euro au cours du mois de mars.
Le coup de frein se poursuit maintenant depuis sept mois.

Zéro pointé ! L’assurance-vie – pourtant qualifiée de « produit d’épargne préféré des Français » – achève le mois de mars sur une collecte nette (dépôts moins retraits) de… zéro euro, selon les chiffres publiés lundi par la Fédération française de l’assurance (FFA). Les dépôts et les retraits effectués sur les contrats ont été d’un montant identique, ce qui fait dire à la FFA que l’assurance-vie s’est retrouvée« à l’équilibre » en mars.

Dans le détail, les Français ont cotisé à hauteur de 12,2 milliards d’euros, un montant supérieur à la moyenne de ces derniers mois. Mais, dans le même temps, les retraits (également de 12,2 milliards d’euros) atteignent un plus haut depuis au moins janvier 2016. Le coup de frein sur l’assurance-vie se poursuit ainsi depuis maintenant sept mois  : après une collecte nette négative de 600 millions d’euros en septembre dernier, elle n’a jamais attiré (en net) plus de 800 millions d’euros. Sur cette période de sept mois, elle n’a ainsi collecté qu’un total de 2,1 milliards d’euros. A titre de comparaison, la collecte nette avait atteint 2,5 milliards d’euros pour le seul mois de juillet 2016.

Plusieurs motifs se conjuguent pour expliquer cette bouderie des épargnants. En premier lieu, l’assurance-vie – du moins les fonds en euros garantis, qui représentent la majorité des encours – rapporte de moins en moins.

L’environnement de taux faibles a fait que ces placements réputés peu risqués ne peuvent plus être rémunérés à 3 %, comme c’était encore le cas ces dernières années.

Les assureurs ont un temps traîné des pieds avant de répercuter les taux faibles, mais le mouvement est à présent lancé  : bon nombre de contrats en euros sont passés sous la barre psychologique des 2 % de rémunération annuelle. Avec une liberté de mouvement plus forte et autant de sécurité – et malgré un rendement de 0,75 % -, nombre de ménages ont au contraire privilégié le Livret A ces derniers mois.

Une réforme qui inquiète

Autre raison de douter pour les épargnants : un dispositif de la loi Sapin II introduit la possibilité, en cas de crise très grave, de restreindre, voire de bloquer temporairement les rachats de contrats. Une menace prise suffisamment au sérieux par les épargnants pour freiner la collecte de l’assurance-vie.

A l’avenir, le paysage pourrait encore évoluer si Emmanuel Macron accède à l’Elysée. Sa proposition d’imposer à 30 % les contribuables ayant plus de 150.000 euros sur leurs contrats d’assurance-vie pourrait inciter certains à se détourner de ce placement, même si le candidat a précisé que cette disposition ne serait pas rétroactive.

Paradoxalement, les assureurs ne voient pas forcément d’un mauvais oeil ce coup de frein de la collecte… pour peu qu’elle se concentre bien sur les fonds en euros. Ils préfèrent en effet orienter les épargnants vers les contrats en unités de compte (UC), moins consommateurs en fonds propres pour l’assureur et mieux margés. Plus risqués pour l’épargnant (car davantage placés en actions), ils sont aussi potentiellement plus rémunérateurs. C’est sans doute là que réside la bonne nouvelle du mois de mars pour les compagnies d’assurances : les cotisations en UC ont atteint 3,3 milliards d’euros et accélèrent de mois en mois.

Edouard Lederer, Les Echos (SOURCE)

 

 

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