Pour la Deutsche Bank l’inflation est une bombe à retardement d’une crise mondiale

L’inflation, la «bombe à retardement» d’une grave crise mondiale selon la Deutsche Bank

À rebours de nombre d’analystes, la banque tire un inquiétant signal d’alarme.

L’économie n’est décidément pas une science exacte. Alors qu’un début de consensus se dessine sur le caractère transitoire du pic d’inflation que connaissent actuellement les États-Unis en pleine relance, la Deutsche Bank, de son côté, tire un angoissant signal d’alarme.

Selon l’institution, cette hausse des prix est ainsi une «bombe à retardement» qui pourrait, à court ou moyen terme, mener le monde vers une crise particulièrement destructrice.

Jerome Powell et la Réserve fédérale américaine qui, comme le gouvernement du pays, injectent des montants colossaux d’argent frais dans l’économie américaine depuis le début de la crise, tablent sur une inflation de 2,4% en 2021.

Le pays n’est plus habitué à un tel chiffre, dont le calcul, selon le Wall Street Journal, pourrait être être faussé à la hausse du fait des circonstances exceptionnelles. Mais comme ailleurs, et malgré le retour d’une croissance pour le moins robuste, les États-Unis craignent que la reprise post-pandémique ne soit pas encore suffisamment consolidée pour pouvoir mettre un terme à ces vigoureuses politiques de stimulus.

Reculer pour mieux plonger?

Repousser le retour à une certaine orthodoxie est pourtant une erreur voire une faute, selon la Deutsche Bank: cela pourrait mener droit à une catastrophe américaine qui, à son tour, précipiterait le reste du monde dans la crise. Selon un document signé de son économiste en chef David Folkerts-Landau, cette poussée inflationniste n’a rien de transitoire et pourrait avoir des conséquences graves dès 2023, sinon plus tôt.

«La conséquence d’un délai [dans un changement de politique de la Fed] sera une plus grande perturbation de l’activité économique et financière, prédit ainsi Folkerts-Landau. Cela pourrait créer une récession significative et enclencherait une chaîne de difficultés financières partout dans le monde, en particulier dans les marchés émergents.»

«S’il est admirable de constater que les priorités de la Fed se concentrent désormais sur des objectifs sociaux, négliger ainsi l’inflation asseoit les économies sur une bombe à retardement, écrit encore Folkerts-Landau. Les effets pourraient être dévastateurs, en particulier pour les plus vulnérables.»

D’autres analystes sont moins alarmistes –sinon tout à fait optimistes. L’homologue de David Folkerts-Landau chez Goldman Sachs, Jan Hatzius, est ainsi de ceux qui ne voient pas l’inflation s’installer.

Comme d’autres, il considère que la fin annoncée des aides gouvernementales directes aux individus, notamment aux personnes qui sont au chômage, ainsi qu’un certain retour à la normale des chaînes d’approvisionnement, où les tensions actuelles font mécaniquement grimper les prix, devraient permettre à la situation de se détendre et à la Fed d’atténuer progressivement son soutien à l’économie.

David Folkerts-Landau, quant à lui, craint une situation similaire à celle des années 1970, décennie de crise inflationniste durant laquelle une hausse incontrôlable des prix s’est fixée à une moyenne durable de 7%, jusqu’à atteindre 13,55% au début des années 1980.

Seule une hausse drastique des taux d’intérêt, décidée par le patron d’alors de la Fed, Paul Volcker, avait pu juguler le phénomène. L’incendie avait certes été éteint, mais au prix d’une récession drastique.

Source : Korii-Slate

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