Zone euro : le « cash » fait de la résistance depuis la crise

Extrait : « Les billets et pièces restent le moyen de paiement le plus courant et servent aussi d’épargne de précaution. »

Article original de LesEchos.fr (par NESSIM AIT-KACIMI) dont nous reprenons ici les points principaux.


Les billets et pièces restent le moyen de paiement le plus courant et servent aussi d’épargne de précaution.

Pratique, simple, universel et inspirant confiance, le « cash » – les billets et les pièces – reste le moyen de paiement le plus courant dans la zone euro. En 2016, les particuliers ont effectué 163 milliards de paiements, représentant un montant de 2.968 milliards d’euros, pour leurs dépenses courantes journalières (commerce, restaurants, stations-service…), selon une étude (1) de la Banque centrale européenne.

Les billets et pièces ont représenté 79 % du nombre de transactions devant les cartes de crédit (19 %). En termes de montant échangé, le « cash » est encore leader , avec 54 % de part de marché et 39 % pour les cartes de crédit. Interrogés sur leur moyen de paiement préféré, les particuliers préfèrent pourtant les cartes de crédit. Mais étant donné que les deux tiers de leurs achats sont inférieurs à 15 euros, ils continuent de payer en « monnaie sonnante et trébuchante ».

Populaire en Allemagne

Les pièces et billets sont très populaires dans l’Europe du Sud et en Allemagne-Autriche, où elles ont représenté près de 80 % du nombre de transactions. En France et en Belgique, cette part est respectivement de 68 % et 63 %. L’usage du « cash » est le plus faible aux Pays-Bas (45 %). Il est parfois utilisé pour des dépenses récurrentes : dans la zone euro 6 % des sondés règlent leur loyer sous cette forme. Cette part grimpe à 26 % en Grèce. 13 % à 16 % des sondés déclarent payer leurs factures d’électricité ou de téléphone en « cash ».

Loyer, impôts, électricité

Les particuliers sont près d’un sur dix à payer leurs impôts en pièces et billet. C’est dans des pays comme la Grèce, Italie ou Chypre que l’usage du « cash » est le plus courant pour ce type de dépenses, alors que c’est en France, Pays-Bas ou Finlande qu’il est le plus faible. La grande majorité des Européens (84 %) ne perçoit aucun revenu (salaires, retraites…) en cash, avec les Pays-Bas en tête (95 %) et la Grèce (43 %) en queue de peloton. En Espagne ou Italie, un sondé sur cinq déclare percevoir au moins le quart de ses différents revenus sous forme de liquidités. Ils sont 5 % dans ce cas en France.

Les hommes plus portés sur le cash

« Les hommes utilisent plus souvent les billets et pièces que les femmes. C’est aussi le cas des personnes âgées de plus de quarante ans par rapport aux jeunes générations. En revanche le niveau d’éducation a peu d’influence sur la propension à privilégier les liquidités » souligne l’étude. Les Européens se procurent 39 % de leurs billets (en nombre) et 61 % (en valeur) dans les distributeurs automatiques. Autres sources d’approvisionnement en cash : les retraits au guichet (8 % des montants), les amis et relations et collègues (8 %), les liquidités conservées au domicile (8 %).

Combien dans les poches ?

En 2016, les particuliers de la zone euro détiennent en moyenne 65 euros dans leurs portefeuilles pour leurs dépenses courantes. Ce montant grimpe à un peu plus de 100 euros en Allemagne et au Luxembourg, et s’établit à 80 euros en Grèce. Il est très inférieur à la moyenne en France (32 euros) ou au Portugal (29). Les hommes détiennent un peu plus que les femmes (12 euros). Plus un particulier est âgé, plus il détiendra d’argent dans son portefeuille.

Et sous les matelas ?

Pour les Européens, les billets et pièces ne sont pas seulement des moyens de paiement mais aussi une réserve de précaution, liquide et facilement disponible, car ils la détiennent à leur domicile ou dans un coffre (mais pas dans une banque). Un Européen sur quatre déclare détenir de l’argent « sous son matelas », contre 15 % en France. Les sommes sont généralement modestes : pour les deux tiers des sondés, elles sont inférieures à 500 euros. 2 % des Européens ont mis de côté plus de 50.000,00 euros. Les montants sont sous-estimés car 10 % à 20 % des sondés, selon les pays, ont refusé de répondre à cette question. La méfiance à l’égard des banques après la crise financière a pu inciter certaines personnes à conserver elles-mêmes une partie de leur épargne.

Les grosses coupures ?

Les billets de 200 et  500 euros , sont accusés de favoriser l’économie informelle et l’évasion fiscale. Un Européen sur cinq déclare avoir détenu de  telles coupures , contre un sur quatre en 2008. En France, ils sont seulement 8 %, et en Belgique 22 %. Les particuliers obtiennent en majorité ces billets aux distributeurs automatiques. Dans des proportions similaires – autour de 15 %, ils déclarent les avoir obtenus en paiement d’une partie de leur salaire, comme cadeau notamment au bénéfice des 18-25 ans, ou en paiement dans le cadre d’une transaction privée entre particuliers.


(1) « The use of cash by households in the euro area », European Central Bank, occasional paper series n° 201, novembre 2017.

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