Le combat des petites communes pour sauver leurs distributeurs de billets

SOURCE : LesEchos.fr

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0600840145407-le-combat-des-petites-communes-pour-sauver-leurs-distributeurs-de-billets-2249797.php


En Corrèze, des maires de communes rurales tentent d’éviter la suppression de distributeurs de billets. Le sujet touche à l’aménagement du territoire et aux changements d’usages des consommateurs.

« Point sur le distributeur automatique de billets » (DAB). En décembre, le sujet figurait au compte rendu du conseil municipal de Chamboulive, en Corrèze. Depuis l’automne 2018, ce village de 1.200 habitants veut maintenir son seul DAB, après l’annonce par le Crédit Agricole Centre France de son intention de le supprimer. Trois autres communes sont engagées dans des démarches similaires.
« Nous sommes un « bourg centre » avec un médecin, une école, une Poste et des commerces. Si le DAB s’en va, tout le bourg sera déséquilibré. Les gens feront leurs courses là où ils pourront retirer de l’argent », estime Noël Martinie, maire de Chamboulive. En Corrèze, la notion de « bourg centre » implique une offre commerciale complète.

Des signaux positifs

La présence d’un distributeur est devenue un sujet sensible dans les zones rurales. Au même titre que les « petites » lignes de train ou les stations-service, leur disparition est vécue comme un signe de désertification. « C’est un réel problème pour la vie de tous les jours, notamment pour les personnes âgées, qui n’ont pas de moyen de locomotion », souligne Olivier Gayraud, juriste à l’association de consommateurs CLCV.
A Chamboulive, l’histoire devrait bien se finir. « Nous proposons de racheter les murs de l’agence qui est attenante à la mairie et de laisser la banque se servir des lieux pour le DAB », souligne le maire qui finalise un accord avec le Crédit Agricole.

Un accès au cash « efficace »

Pour le secteur bancaire, le maintien ou non d’un DAB dépend de son usage réel et de sa rentabilité. « Si personne ne s’en sert, une banque ne va pas dépenser des dizaines de milliers d’euros chaque année pour un distributeur déficitaire. D’autant que la priorité, pour chaque réseau, est de permettre à ses propres clients – et non à l’ensemble de la population – d’accéder à ses liquidités », souligne une source bancaire.
Le sujet du coût cache une question autrement plus politique : le nombre de DAB est-il suffisant dans le pays ? L’accès au cash reste « efficace » aux yeux de la Fédération bancaire française (FBF) qui comptabilise « à fin 2018, 54.786 DAB et 23.323 points de délivrance d’espèces  ».

Aménagement du territoire

Signe de la sensibilité croissante du sujet, la Banque de France travaille actuellement à une cartographie de l’offre de délivrance d’espèces. « Il ne s’agit pas de favoriser les espèces plutôt qu’un autre moyen de paiement, mais de garantir qu’il y ait égale accessibilité, égale qualité et égale sécurité de tous les moyens de paiement pour tous les Français », souligne l’institution.
A Bercy on juge que le débat est « légitime ». Le sujet a été évoqué récemment avec les banques lors d’une réunion organisée quelques semaines après l’adoption d’ une proposition du Sénat sur la désertification bancaire. Le gouvernement n’avait pas soutenu la démarche mais souhaite à présent un diagnostic. « Le travail de la Banque de France est un préalable indispensable à toute réponse ou mesure pour améliorer cet accès au cash » , indique-t-on dans l’entourage du ministre de l’économie.

Ne pas « tuer » le cash

Le débat, enfin, rejoint  la stratégie plus globale qu’entend déployer la France en matière de moyens de paiement, alors que  les offres numériques se diffusent . Dans un récent document, le comité national des paiements scripturaux (qui réunit la Banque de France, les banques et les trésoriers d’entreprise) a précisé ses priorités pour les années à venir. Pas question de  faire une croix sur le cash . Elle cherche en revanche à encourager les paiements par carte notamment en favorisant son usage à partir d’un euro.



Autre article intéressant :

Visa a proposé jusqu’à 10.000 dollars en bonus à une sélection de magasins pour les pousser à refuser le cash :

Soyez le premier à commenter l’article sur "Le combat des petites communes pour sauver leurs distributeurs de billets"

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée


*


− 7 = 2