Coronavirus : encore une semaine noire pour les banques en Bourse

SOURCES : LesEchos.fr

Le secteur est l’une des principales victimes en Bourse des craintes liées à l’épidémie de coronavirus. Les banques françaises comme BNP Paribas et Société Générale ont respectivement perdu 27 % et 31 % en deux semaines.


Le plongeon n’en finit plus. Les banques européennes ont subi une deuxième semaine de forte baisse en Bourse. Et les grands groupes français font partie des principales victimes. Vendredi, Société Générale a accusé une chute de 6 %, BNP Paribas et Natixis de 5,5 %, et Crédit Agricole d’un peu plus de 4 %.

Les autres valeurs bancaires de la zone euro ont également souffert, mais dans une moindre mesure : les pertes d’UniCredit et Deutsche Bank se sont limitées à environ 2 %.

C’est bien un mini krach qui vient de frapper le secteur . En quinze jours, et depuis l’apparition des premiers cas de coronavirus en Europe, l’indice Euro Stoxx Banks, qui regroupe les principales valeurs bancaires de la zone euro, a perdu près de 25 %. Il a atteint son niveau le plus bas depuis la crise des dettes souveraines en 2012.

Un an de gains effacés en Bourse

Sur la période, Société Générale a dégringolé de 31 %, effaçant ainsi les gains réalisés depuis près d’un an, alors que la banque avait réussi à convaincre les marchés de sa solvabilité. BNP Paribas a abandonné 27 %, perdant au passage sa couronne de première capitalisation bancaire de la zone euro. Dans le même temps, le CAC 40 perdait « seulement » 15 %.

Pourquoi les banques sont-elles davantage visées ? Elles seront directement concernées en cas de ralentissement économique sévère dû à la propagation de l’épidémie. Les projets d’investissement pourraient se tarir, les défaillances d’entreprises se multiplier , et les créances douteuses augmenter. De quoi faire grimper le coût du risque dans les banques, et donc affecter leurs résultats futurs. Sans compter que la dégringolade des bourses aura aussi un impact sur leurs activités de marchés.

Crainte sur les taux

Mais les investisseurs s’inquiètent surtout depuis quelques jours de la réaction de la Banque centrale européenne (BCE), qui pourrait imiter son homologue américaine, la Fed, en décidant de baisser les taux. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour les banques de la zone euro, qui voient déjà leurs marges rognées depuis plusieurs trimestres par la faiblesse des taux. De nombreux établissements ont annoncé des plans d’économie afin de restaurer leurs marges et faire grimper leurs ratios financiers.

La baisse des cours peut-elle s’accentuer ? « On est un peu dans le flou, à la fois sur l’impact de la crise mais aussi sa durée et la réaction in fine de la banque centrale, explique Lorraine Quoirez, analyste chez UBS, qui estime néanmoins que la correction est excessive. Les valorisations actuelles reflètent des niveaux de rentabilité qui étaient ceux des banques il y a trois ou quatre ans. La situation s’est améliorée depuis, même en intégrant le risque d’épidémie ». L’analyste considère d’ailleurs que le moment est propice pour racheter certains « titres de qualité ».

Le spectre d’une crise de liquidités

D’autres experts sont plus pessimistes et alertent même sur les risques de crise de liquidité. « Il faut faire très attention à ce qui se passe actuellement, indiquent les analystes d’ING dans une note publiée ce vendredi. C’est une réminiscence de ce que l’on a pu voir au début de la crise financière [de 2008] ».

Si la situation n’est pas comparable, notamment sur le plan de la solidité des banques mais aussi des liquidités à disposition, ces signaux attestent néanmoins d’une réelle tension sur les marchés.

Romain Gueugneau

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